Spectacle Proust

Titre du Spectacle :

PROUST
Pour lire en soi même

L’œuvre de Proust est fondée, non pas sur l’exposition de la mémoire, mais sur l’apprentissage des signes… La recherche est tournée vers le futur, non vers le passé“
G.Deleuze, Proust et les signes

Lien vers la plaquette du spectacle « Proust »

Extrait vidéo

La rencontre

La rencontre avec Marcel Proust, s’est produite à la lecture, il y a maintenant plus de 30 ans, de son œuvre majeure: À la Recherche du temps perdu .

La première fois que j’ai rencontré la phrase, je devrais dire la musique, de Marcel Proust, “Dans un amour de Swan“ une impression saisissante, comme le sentiment que l’on éprouve au passage du seuil d’une maison abandonnée, à peine éclairée, où la progression se fait à tâtons, mais où l’odeur, le sentir, l’intérieur, nous serait familier, nous ferait entrer dans la maison de l’être.
Une irrépressible attirance, qui nous enfonce et nous fait découvrir un monde que nous voudrions habiter, depuis toujours.

Oui, “À la Recherche du temps perdu “ est une de ces œuvres rares, avec qui j’habite depuis plusieurs décennies, c’est à dire que le livre se trouve quotidiennement à portée des yeux, de la main, des oreilles.
Ce n’est pas simplement la description au scalpel, que Marcel Proust, avec délectation nous livre en nous décortiquant les intentions et les sentiments humains, mais c’est surtout, un style qui, si nous faisons preuve de concentration et d’abnégation, nous emporte sur le rivage d’un océan inconnu et qui est paradoxalement notre monde même.

J’ai après ce choc, décidé, de vivre dans À la Recherche du temps perdu en faisant le pari fou de l’apprendre par cœur.

L’intention

Voici maintenant plus de 30 ans, que le projet est en cours, il ne m’était que destiné. Cela a commencé très précisément par les incipits des sept livres de
À la Recherche du temps perdu “
Sans que cela ait été promis ou même projeté, la nécessité est venu doucement, pour moi, de pouvoir oser dire, ce texte devant un public.
Ma démarche consiste d’abord à se concentrer sur l’écriture même de l’écrivain et suivre pas à pas, mot par mot, la pensée du héros, sans se soucier du parcours biographique des représentations, et des lieux communs, liés à cet auteur.
En cela nous sommes bien, déjà, dans une vision voulue par Marcel Proust comme il l’ a si bien montré, lui même dans son “Contre St Beuve“.

L’ambition de ce spectacle, sera de défaire ces stéréotypes qui nous imposent une image de l’œuvre de M.Proust aux antipodes de ce qu’elle est véritablement.
Ainsi, par exemple, la première phrase, oh, combien célèbre de “À la Recherche du temps perdu “ «Longtemps je me suis couché de bonne heure» nous indique que le héros se couchait tôt. Malheureusement, pour le lecteur impatient ou peu curieux, la suite des phrases mêmes, vont contredire, à merveille, la première.

Aussi dans ce spectacle, il sera question de faire entendre la voix même du héros, à ceux qui en sont éloignés, aux oreilles de ceux à qui la “Recherche“ ne serait soit disant pas destiné.
Ici nous ne sommes pas simplement dans la volonté de rencontre d’un nouveau public, nous sommes surtout dans une approche du texte qui soit dit d’une façon le plus simple possible.
En effet certain prétende que la phrase proustienne ne peut passer l’oralité.

Il serait vain de ne pas prendre en compte la difficulté du style propre à Marcel Proust qui nous propose de fait une course d’obstacle longue de 3000 pages, parce que justement, cette écriture  fleuve, nous dévoile le mystère humain et déploie la complexité même de la condition humaine.

Si donc, la difficulté ne peut être nier, un travail, d’oralité de longue haleine dans les sillons et la partition même, me convainc aujourd’hui que ce pari peut-être tenu.

Il s’agit de proposer une oraliture, de dérouler un dire, à la façon d’une simple conversation, certes, intérieure, mais qui, au fur et à mesure, se vocaliserait, un murmure de soi qui s’entendrait, malgré lui, et qui surtout nous parviendrait, sans emphase, comme l’eau de la rivière, coule et nous rafraîchit.
Etre et dire, le texte de Marcel Proust, non pas comme «un poisson dans l’eau», mais pour être, dans la voix et le corps même de “À la Recherche du temps perdu “
Ne faire qu’un, avec les méandres, les digressions, avec l’onde et le flot proustien.

C’est à cette seule condition que le récitant/comédien, pourra, me semble t-il se faire du spectateur/auditeur, qui ne l’était peut-être pas, à priori, un ami et peut-être un futur lecteur de la Recherche. Celui qui, du coin de la cheminée, se laisse bercer par le récit d’un voyage improbable.
C’est bien cette langue précise et sinueuse dont on fait le pari qu’elle touchera tout public, dans l’éveil de sa sensibilité.
J’ai choisi délibérément de dire les dernières pages de “Le Temps Retrouvé“, qui sont, non seulement le credo de toute la “Recherche“, mais d’une limpidité inouï, qui éclate, à la face du lecteur/auditeur/spectacteur tel, le bouquet final d’un feu d’artifice.

Le spectacle :

Comédien et metteur en scène : Olivier Berardi
Régisseur : François Kohler

Première partie 7 à 8 mns

  • Le plateau est dans la pénombre, à cour, un espace de lumière nous laisse deviner ; une chaise, une table et un homme engoncé dans une pelisse, chapeau enfoncé, on ne distingue pas son visage. Fondu au noir
  • Le plateau est seulement éclairé de la lumière d’image projetés en fond de scène,; portrait de Marcel Proust, paysages, objets. Sur ces images, le comédien évoque, les grandes dates de la vie de l’auteur ainsi que le déroulé de ces œuvres pour en arriver

À la Recherche du temps perdu;

  • Les incipits et les premières phrases suivantes des sept livres sont dites
    Fondu au noir

  • Deuxième partie 50 à 55 mns

Un comédien seul, face au public, dit les dernières pages de “Le Temps Retrouvé“

Les dates :

Octobre 2017 : Présentation aux programmateurs de l’intention et de 15 minutes du spectacle, salle à définir

Juillet 2018 : Présentation public du spectacle au Festival off d’Avignon 2018